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Instalations in-situ sur le site des fours Brébart, dits de l’Almanach et photographies en résonnance avec son travail aux fours. A la limite de Chercq et Calonne, les fours–bouteilles de l’Almanach servaient autrefois à la fabrication de chaux et par la suite de ciment. Les matières premières venaient des carrières des Cinq Rocs, aujourd’hui transformées en espace vert. Assez bien caché du regard des promeneurs par la végétation, le site, racheté par Christian Malice, architecte paysagiste, cache les fours les plus typiques et les mieux conservés de la région.

En visitant les fours de l’Almanach, Théo Ronse a fait le choix d’investir ces lieux et d'y présenter une exposition pour son Master 2 en arts plastiques à l'ESA Académie des Beaux-Arts de Tournai. Inscrivant son processus créatif dans le temps, celui de la nature environnant les anciens fours à chaux. Théo s'est imprégné des lieux pour s'y perdre, en commençant par y faire place nette. Avec toute sa modestie et sa sensibilité, dans cinq fours, il créé son propre ordonnancement de matériaux et d'éléments naturels empruntés sur le site. Mousse, eau, bois, feu, feuille, branche, os, chaux... Le travail de Théo Ronse interroge la relation entre les éléments de la nature et leur idéologie. Entrer dans les fours de l'Almanach c'est s’immerger dans l'univers de l'artiste, sans oublier la préhension de nos sens, et aller à sa rencontre puisqu’il continue sa résidence de création durant la période d’exposition.

Qu'entend-on par CELLULA?
En découvrant l’existence des cellules en 1665, le naturaliste Robert Hooke leur a donné le nom latin de cellula, en référence aux petites chambres occupées par les moines dans les monastères. La cellule est l'unité biologique structurelle et fonctionnelle fondamentale de tous les êtres vivants.

L'écho de la nature vivace entourée de sa propre mort. Une porte sur la beauté de ce qui se trouve au dessus de nous!
Une cellule, au départ remplie de feuilles mortes jonchant le sol. L’artiste y installe un cercle, un miroir... Dualité entre vie et mort, un Memento Mori à la gloire de saisons.

Un nid doux de mousse champêtre et d’herbes de songe.
La nature semble se réinstaller dans cette cellule. Pour s'y poser et profiter de ce moment; la mousse s'est imposée à l'automne comme matériaux idyllique. Douceur d'un moment de vie.

Salle d'échange et d'abandon mais aussi de partage autour du feu. Conseillé et maître de liberté, le feu nous enseigne a s'abandonner dans sa danse faite de braises, de flammes et de brume mystique.
Cette cellule commence par être nettoyée, le balai de paille décrivant des cercles au sol. Le lieu devient assez vite un espace de recueillement, puis de partage. Après y avoir fait un feu, il entame un travail sur les briques réfractaires avec du charbon de bois et de la chaux.

Le nid semble tout indiquer par sa forme mais aussi sa symbolique; abris primitif qui renvoi à l'animalité qui est en nous, mais aussi à la maitrise de la vie comme à celle de l'univers dans sa forme tournoyante.
Arbres et branches coupées, ramassées par l’artiste prennent leur place et isolent. Sentiment de protection. Invitation à prendre place dans cette construction «naturelle». Cellule où s’isoler et méditer sur l’artificialité.

Lieu où résonne le glas d'un bol de méditation fait de fonte avec pour cloche un membre inerte lévitant et frôlant le bol. Une danse libre de la mort reliant le ciel à la terre «insaisissable».
Résonnance ou méditation? Un os suspendu au dedans d'un receptacle laisse une trace de rituel... La mort, ce corps ne touchant plus terre... Dialogue de matières.